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Association des responsables IST des organismes de recherche

Notes d’analyses

Le multilinguisme dans la recherche

Analyse I/IST n°34 – Décembre 2020

« La recherche est internationale » : signé en 2019 par 120 organisations, l’initiative d’Helsinki marque un tournant important dans la reconnaissance du plurilinguisme en recherche.

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Le web sémantique

Analyse I/IST n°33 – Novembre 2020

Ce devait être le web 2.0, puis le web 3.0, voire 4.0… Le web sémantique ou web des données n’en finit pas d’être la prochaine révolution sans cesse repoussée.

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Les revues en libre accès ne sont pas éternelles

Analyse I/IST n°32 – Octobre 2020

Les revues en libre accès ne sont pas éternelles : c’est l’argument-choc d’une nouvelle étude importante consacrée aux revues disparues sans avoir été archivées par une institution officielle.

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Big deal ? bad deal ?

Analyse I/IST n°31 – Juin 2020

En mars 2019, l’Université d’État de Floride perd son accès à Elsevier. Faute de renouveler un accord de licence annuel à 2 millions de dollars, 6.000 chercheurs et 40.000 étudiants ne peuvent consulter les 1800 revues du premier éditeur mondial. Les articles doivent être désormais achetés à l’unité, ce qui représente environ 20-30$ pour un PDF. Elsevier met l’université en garde : l’abandon du big deal va représenter un surcoût massif, de l’ordre d’un million de dollars par an.

Un an plus tard, le bilan est bien différent …

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La recherche en crise de reproductibilité ?

Analyse I/IST n°30 – Avril 2020

La plupart des recherches scientifiques sont fausses. Telle est la conclusion provocatrice d’un article célèbre de PLOS initialement publié en 2005 : « Nos simulations montrent que dans la plupart des cadres expérimentaux il est moins probable qu’une conclusion scientifique soit vraie que fausse. » (Ioannidis 2005).

Cette note de synthèse documente un débat majeur de la recherche scientifique contemporaine. Au-delà de la description parfois simpliste d’une « crise générale », l’exigence nouvelle de reproductibilité amène à repenser radicalement les formes et les pratiques de publication.

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La conversation scientifique ouverte

Analyse I/IST n°29 – Mars 2020

L’évaluation ouverte ou la révision ouverte de travaux pourrait être la prochaine révolution du libre accès.

Alors que le Plan S prévoit que la plupart des publications scientifiques soient librement accessibles en ligne d’ici 2021, un nouveau mouvement d’ouverture prend de l’ampleur sous le nom d’open peer review ou littéralement « évaluation par les pairs ouverte ». Il ne s’agit plus seulement d’ouvrir les productions scientifiques mais leurs coulisses : l’échange entre auteurs et évaluateurs conduisant à la publication. Même les revues les plus prestigieuses suivent de près ces évolutions

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Citations ouvertes

Les citations sont un instrument privilégié de la recherche bibliographique : le repérage des citations ultérieures d’une publication permet de reconstituer rapidement l’état d’un champ de recherche ou la réception d’une découverte ou d’une théorie scientifique.

Jusqu’en 2017, ces informations étaient concentrées dans de grandes bases fermées telles que le Web of Science, Scopus (d’Elsevier) ou plus récemment Google Scholar (de Google) et collectées selon des critères opaques. En un an tout a changé : suite au lancement d’une Initiative pour les citations ouvertes (I4OC) la part des données de citation mises à disposition sous une licence libre est passée de 1% à 51% des références scientifiques disponibles sous Crossref. Ces données sont mises à disposition en totalité sur la plateforme OpenCitations et peuvent être massivement réutilisées sur d’autres projets comme Wikidata.

L’ouverture des citations s’inscrit dans une nouvelle dynamique du libre accès qui s’étend désormais bien au-delà de la simple mise à disposition des écrits scientifiques pour intégrer de nouvelles formes : données, code, évaluations, métadonnées… L’enjeu n’est plus seulement de faciliter l’accès à la connaissance mais aussi de transformer radicalement les structures de publication et de dissémination de la recherche.

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Synthèse sur la stratégie d’Elsevier

En février 2018 le premier éditeur scientifique mondial change de structure. RELX, la maison-mère d’Elsevier, cesse de former une entreprise bicéphale entre le Royaume-Uni et les Pays-bas cotée à Londres et Amsterdam. Comme le souligne The Economist, cette répartition a perdu sa raison d’être avec la mondialisation : « aujourd’hui peu d’entreprises sont contraintes par les frontières nationales (…) la structure duale est souvent associée avec une gouvernance opaque »

Cette restructuration n’est pas qu’un enjeu de gouvernance interne mais marque une évolution profonde de la stratégie d’Elsevier : la convergence de l’édition scientifique et la gestion de données et métriques (business analytics).

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La Commission européenne aurait décidé de créer sa propre plate-forme de publication en OA

Avril 2017
Selon le magazine Science, lors d’une réunion restreinte de l’Open Science Policy Platform (OSPP) qui s’est tenue fin mars à Berlin, le Commissaire européen à la recherche, à la science et à l’innovation, Carlos Moedas, a indiqué que la Commission avait pris la décision de mettre en place sa propre plate-forme de publication en Gold OA qui accueillera les articles issus des recherches qu’elle finance.  Si cette décision se concrétisait, la Commission européenne suivrait la voie ouverte en novembre 2016 par le Wellcome Trust (principal soutien de la recherche biomédicale au Royaume-Uni avec 878 M€ de financement en 2016) et plus récemment la Fondation Bill & Melinda Gates. Une initiative similaire de la Commission européenne, dont le budget annuel dédié à la recherche est de 10 milliards d’euros, aurait une résonance importante et un effet d’entraînement probable sur d’autres agences de financement. En créant leur propre plate-forme de publication, les agences de financement de la recherche pourraient avoir un impact majeur sur le scénario d’un libre accès sans différé et n’exigeant pas d’APC des auteurs des publications. Les grandes entités de recherche pourraient, elles aussi, s’intéresser à ce modèle.

Une étude britannique met en lumière les effets secondaires négatifs des « big deals » associant négociation des budgets d’abonnements et des budgets d’APC

 LogoJISC2 Novembre 2016
Parue le 24 octobre, une étude financée par le JISC britannique, dresse un premier bilan des accords de couplage « abonnements/APC » signés par le consortium britannique avec 5 éditeurs scientifiques importants (Wiley, Taylor & Francis, Sage, Institute of Physics, Royal Society of Chemistry). Les premiers constats qui se dégagent de cette évaluation des accords couplés sont inquiétants : ce mécanisme encourage la publication en revues hybrides, ne réduit en rien les dépenses d’abonnements, ne contient que très partiellement la progression de la dépense « abonnements + APC », se révèle en pratique d’une grande complexité.

Free Access vs. Open Access : avec ShareIt, Springer Nature lance une initiative majeure de « libre » partage des articles publiés dans 2300 revues de recherche

 Graphe104 Octobre 2016

Le groupe Springer Nature a annoncé le 17 octobre la généralisation à 2300 revues de recherche de la fonctionnalité ShareIt, expérimentée avec succès sur le portefeuille de Nature Publishing Group (NPG) depuis décembre 2014. Cette fonctionnalité permet à tout auteur publiant chez Springer Nature ou à tout abonné aux revues de cet éditeur de partager légalement et gratuitement un article avec tout autre membre de sa communauté de recherche (abonné ou non chez Springer) en diffusant un lien pérenne vers un PDF « read only » (sans possibilité d’imprimer ou de télécharger) de la version publiée de l’article. Ce lien pérenne est géré par la plate-forme ReadCube, l’outil de partage d’articles du groupe Springer Nature. L’éditeur garde ainsi une visibilité totale sur les logiques de partage entre chercheurs, puisqu’elles ne peuvent se déployer que dans cet environnement propriétaire. ShareIt concrétise pour la première fois à grande échelle les principes de partage collaboratif « légal » définis l’an dernier par STM, l’association internationale des grands éditeurs scientifiques. Michael Eisen, cofondateur de PLoS et figure tutélaire de l’Open Access dénonce une initiative qui dégrade la notion d’Open Access et vise à préserver la forte rentabilité des revues sur abonnement.

Avec le brevet américain 9.430.468,Elsevier se dote d’une arme défensive pour contrer à terme les logiques de peer-reviewing ouvert

 Logo USPTO 100 14 septembre 2016

Le 30 août 2016, l’office américain des brevets (USPTO) a délivré à Elsevier le brevet N° 9.430.468 intitulé « Online peer review and method ». Le cœur du brevet (et de ses revendications) concerne le système d’examen « en cascade » qui permet, lorsqu’un article scientifique a été refusé par la revue Elsevier auquel il avait été soumis, de soumettre automatiquement cet article à d’autres revues Elsevier pertinentes. Elsevier avait déjà vu sa demande de brevet, déposée en 2012, être refusée trois fois avant que l’USPTO ne l’accepte. L’éditeur a du élaguer ses « revendications » (qui définissent exactement l’invention protégée par le brevet et donc les « droits » d’Elsevier). L’annonce de l’octroi de ce brevet a déclenché une levée de boucliers outre-Atlantique.

SocArXiv et ChemRxiv : deux initiatives de bases de préprint de signe opposé

 SocArxiv 5 septembre 2016

Dans l’actualité IST de l’été, on relèvera le lancement de deux nouvelles archives de préprint (dépôt d’articles avant peer-reviewing et éventuelle publication en revue). SocArXiv (socarxiv.org, prononcer « sosharchive ») est une base de préprint qui revendique une vocation généraliste en sciences sociales et humaines, mais est très centrée à ses débuts sur les publications en sociologie. Cette initiative « not for profit » est soutenue par le Center for Open Science et l’Université du Maryland et s’inscrit dans la perspective plus large de rénover la publication scientifique en SHS en suivant les logiques du « libre ». ChemRxiv, une archive de préprint très ambitieuse en chimie se situe à l’opposé de cette ambition : lancée par la puissante American Chemical Society qui dispose déjà d’une position dominante dans la publication en chimie, cette initiative vise à capter très tôt dans le processus de communication scientifique les bons papiers et les bons auteurs. Cette double actualité souligne le caractère stratégique des bases de préprint dans la perspective d’une rénovation des circuits de la publication scientifique.

Elsevier rachète SSRN, premier réseau de partage de preprint dans les SHS

 ssrn108 8 juin 2016

Elsevier a annoncé le 17 mai le rachat pour une somme non précisée du réseau social spécialisé SSRN, qui compte 2 millions d’utilisateurs et permet aux chercheurs en sciences sociales, économie le droit de poster et de partager des articles avant publication. Avec 572 000 articles en texte intégral « preprint » dans sa base, SSRN est l’une des principales archives ouvertes et collaboratives dans le domaine des SHS.

La recherche publique pourrait rapidement disposer d’un cadre juridique sûr pour porter ses développements TDM ?

12 avril 2016
Le secrétariat d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche et le secrétariat d’Etat à l’Economie numérique organisaient le 6 avril une conférence d’une demi-journée sous l’intitulé «Ouvrir la diffusion des savoirs par le numérique : quelles opportunités pour la recherche ? ». Ce débat intervenait à un moment particulier : le gouvernement, au travers d’un amendement déposé au Sénat dans le cadre de la discussion du projet de Loi pour une République numérique, avait rendu officiel le 5 avril son souhait de voir supprimer l’article 18bis voulu par l’Assemblée nationale. Cet article instituait une exception au droit d’auteur visant à sécuriser juridiquement les usages de la fouille de textes et de données (TDM : Text & Data Mining). Dans un mouvement tout à fait inattendu la Commission des lois du Sénat a rejeté le 6 avril l’amendement gouvernemental et a adopté un amendement de Mme Colette Mélot, sénatrice « Les Républicains » de Seine-et-Marne qui réécrit l’article 18bis en évitant toute référence au code de la propriété intellectuelle, mais qui en substance vise les mêmes objectifs. Le gouvernement désavoué sur cette question tant par les députés que par les sénateurs est dans une position inconfortable, que ses membres appellent à dépasser. Un cadre juridique sûr pour le TDM au sein de la recherche publique a donc toutes les chances de voir le jour dans le cadre de la version définitive de la loi pour une République numérique.