Eprist

Association des responsables IST des organismes de recherche

Intelligence IST

Le web sémantique

Analyse I/IST n°33 – Novembre 2020

Ce devait être le web 2.0, puis le web 3.0, voire 4.0… Le web sémantique ou web des données n’en finit pas d’être la prochaine révolution sans cesse repoussée.

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Les revues en libre accès ne sont pas éternelles

Analyse I/IST n°32 – Octobre 2020

Les revues en libre accès ne sont pas éternelles : c’est l’argument-choc d’une nouvelle étude importante consacrée aux revues disparues sans avoir été archivées par une institution officielle.

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Big deal ? bad deal ?

Analyse I/IST n°31 – Juin 2020

En mars 2019, l’Université d’État de Floride perd son accès à Elsevier. Faute de renouveler un accord de licence annuel à 2 millions de dollars, 6.000 chercheurs et 40.000 étudiants ne peuvent consulter les 1800 revues du premier éditeur mondial. Les articles doivent être désormais achetés à l’unité, ce qui représente environ 20-30$ pour un PDF. Elsevier met l’université en garde : l’abandon du big deal va représenter un surcoût massif, de l’ordre d’un million de dollars par an.

Un an plus tard, le bilan est bien différent …

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La recherche en crise de reproductibilité ?

Analyse I/IST n°30 – Avril 2020

La plupart des recherches scientifiques sont fausses. Telle est la conclusion provocatrice d’un article célèbre de PLOS initialement publié en 2005 : « Nos simulations montrent que dans la plupart des cadres expérimentaux il est moins probable qu’une conclusion scientifique soit vraie que fausse. » (Ioannidis 2005).

Cette note de synthèse documente un débat majeur de la recherche scientifique contemporaine. Au-delà de la description parfois simpliste d’une « crise générale », l’exigence nouvelle de reproductibilité amène à repenser radicalement les formes et les pratiques de publication.

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La conversation scientifique ouverte

Analyse I/IST n°29 – Mars 2020

L’évaluation ouverte ou la révision ouverte de travaux pourrait être la prochaine révolution du libre accès.

Alors que le Plan S prévoit que la plupart des publications scientifiques soient librement accessibles en ligne d’ici 2021, un nouveau mouvement d’ouverture prend de l’ampleur sous le nom d’open peer review ou littéralement « évaluation par les pairs ouverte ». Il ne s’agit plus seulement d’ouvrir les productions scientifiques mais leurs coulisses : l’échange entre auteurs et évaluateurs conduisant à la publication. Même les revues les plus prestigieuses suivent de près ces évolutions

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Citations ouvertes

Les citations sont un instrument privilégié de la recherche bibliographique : le repérage des citations ultérieures d’une publication permet de reconstituer rapidement l’état d’un champ de recherche ou la réception d’une découverte ou d’une théorie scientifique.

Jusqu’en 2017, ces informations étaient concentrées dans de grandes bases fermées telles que le Web of Science, Scopus (d’Elsevier) ou plus récemment Google Scholar (de Google) et collectées selon des critères opaques. En un an tout a changé : suite au lancement d’une Initiative pour les citations ouvertes (I4OC) la part des données de citation mises à disposition sous une licence libre est passée de 1% à 51% des références scientifiques disponibles sous Crossref. Ces données sont mises à disposition en totalité sur la plateforme OpenCitations et peuvent être massivement réutilisées sur d’autres projets comme Wikidata.

L’ouverture des citations s’inscrit dans une nouvelle dynamique du libre accès qui s’étend désormais bien au-delà de la simple mise à disposition des écrits scientifiques pour intégrer de nouvelles formes : données, code, évaluations, métadonnées… L’enjeu n’est plus seulement de faciliter l’accès à la connaissance mais aussi de transformer radicalement les structures de publication et de dissémination de la recherche.

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Synthèse sur la stratégie d’Elsevier

En février 2018 le premier éditeur scientifique mondial change de structure. RELX, la maison-mère d’Elsevier, cesse de former une entreprise bicéphale entre le Royaume-Uni et les Pays-bas cotée à Londres et Amsterdam. Comme le souligne The Economist, cette répartition a perdu sa raison d’être avec la mondialisation : « aujourd’hui peu d’entreprises sont contraintes par les frontières nationales (…) la structure duale est souvent associée avec une gouvernance opaque »

Cette restructuration n’est pas qu’un enjeu de gouvernance interne mais marque une évolution profonde de la stratégie d’Elsevier : la convergence de l’édition scientifique et la gestion de données et métriques (business analytics).

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Communiqué commun sur la Réforme de la Directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique

EPRIST partage et soutient les mises en garde des principales associations européennes de l’enseignement et de la recherche.

Dans une lettre ouverte aux membres de la Commission des affaires juridiques du Parlement européen, l’association SPARC Europe et les principales associations européennes du domaine de l’enseignement et de la recherche mettent en garde contre les risques de dérives de la directive « Copyright ». Elles souhaitent un engagement ferme de l’Union en faveur de l’Open Science et de l’Open Access.

 

Le consortium Couperin.org, la Conférence des Présidents d’Universités (CPU), la Conférence des Grandes Ecoles (CGE), la Conférence des Directeurs des Ecoles Françaises d’Ingénieurs (CDEFI), l’Association des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation (ADBU), l’association des responsables IST des organismes de recherche (EPRIST), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (IRSTEA), l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), l’Institut national d’études démographiques (INED) et l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) s’associent pleinement à cette démarche.

Le communiqué commun « Réforme de la Directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique : nous partageons et soutenons les mises en garde des principales associations européennes de l’enseignement et de la recherche« , marque la volonté des signataires de voir la nouvelle directive sur le droit d’auteur s’inscrire dans une orientation permettant aux communautés de l’enseignement supérieur et de la recherche d’accomplir pleinement leur mission de recherche et d’enseignement, en développant pleinement les potentialités du numérique, en s’orientant résolument vers l’Open Science, au sein d’un cadre juridique équilibré, sans régression ni entrave au-delà de ce qui est nécessaire.

 

Vous trouverez le communiqué sur le site Couperin

Open Access : l’association Liber liste cinq « principes fondamentaux » pour négocier avec les éditeurs

7 septembre 2017

Pour aider les bibliothèques  à  négocier avec les éditeurs le passage d’un modèle économique basé sur les abonnements à un financement du libre accès des articles publiés, de type auteur-payeur (« Article Processing Charge »-APC), l’association européenne Liber préconise cinq « principes » à respecter :

  1. Les licences d’abonnement et le financement de l’accès ouvert vont de pair – Les offres d’abonnement et les APC-deals sont étroitement liés. Personne ne devrait payer les abonnements et payer les APC en même temps («double peine»). L’augmentation des dépenses pour les APC devrait faire baisser proportionnellement les dépenses des frais d’abonnement.
  2. Pas d’accès ouvert, pas d’augmentation de prix – Il y a déjà assez d’argent dans le système. Les bibliothèques ont payé des hausses de prix annuelles pouvant aller jusqu’à 8% pendant des années, ce qui devrait permettre aux éditeurs d’innover. Une caractéristique clé de l’innovation pour le milieu de la recherche est que les résultats de la recherche soient disponibles librement. Par conséquent, si un accord avec les éditeurs sur l’Open Access ne peut être atteint dans nos contrats, les augmentations de prix futures ne devraient pas être acceptées.
  3. Transparence pour les offres de licences – Les pratiques des bibliothèques devraient refléter pleinement leur engagement envers l’accès ouvert. Les accords de licence devraient donc être ouvertement disponibles.
  4. Gardez l’accès pérenne – Pour éviter de mettre plus d’argent dans le système et de renforcer l’accès ouvert, certaines bibliothèques ont renoncé à leurs droits d’accès perpétuel dans un accord de licence. Toutefois, les bibliothèques doivent assurer un accès durable au contenu.
  5. Les rapports d’utilisation devraient inclure l’accès ouvert –  Tout comme les bibliothèques reçoivent des rapports sur les téléchargements et l’utilisation des abonnements, elles devraient également recevoir des rapports sur les publications en Open Access. Il est normal de recevoir un aperçu de ce que nous payons.

Ces cinq principes font partie de l’engagement  de LIBER à faciliter l’échange de connaissances entre ses bibliothèques, les gouvernements nationaux et les parties prenantes. Ils s’inspirent d’autres déclarations, notamment l’Appel d’action d’Amsterdam sur les sciences libres et l’Initiative OA2020.

A consulter sur le site de LIBER :  http://libereurope.eu/blog/2017/09/07/open-access-five-principles-negotiations-publishers/

 

 

La Commission européenne aurait décidé de créer sa propre plate-forme de publication en OA

Avril 2017
Selon le magazine Science, lors d’une réunion restreinte de l’Open Science Policy Platform (OSPP) qui s’est tenue fin mars à Berlin, le Commissaire européen à la recherche, à la science et à l’innovation, Carlos Moedas, a indiqué que la Commission avait pris la décision de mettre en place sa propre plate-forme de publication en Gold OA qui accueillera les articles issus des recherches qu’elle finance.  Si cette décision se concrétisait, la Commission européenne suivrait la voie ouverte en novembre 2016 par le Wellcome Trust (principal soutien de la recherche biomédicale au Royaume-Uni avec 878 M€ de financement en 2016) et plus récemment la Fondation Bill & Melinda Gates. Une initiative similaire de la Commission européenne, dont le budget annuel dédié à la recherche est de 10 milliards d’euros, aurait une résonance importante et un effet d’entraînement probable sur d’autres agences de financement. En créant leur propre plate-forme de publication, les agences de financement de la recherche pourraient avoir un impact majeur sur le scénario d’un libre accès sans différé et n’exigeant pas d’APC des auteurs des publications. Les grandes entités de recherche pourraient, elles aussi, s’intéresser à ce modèle.

Le modèle économique de PLoS One durablement fragilisé ?

  Janvier 2017
Au moment même où se fêtait le dixième anniversaire de sa première parution, la mégarevue PLoS One qui, par PLoS One depuis le pic de l’année 2013, qui avait vu le précurseur de toutes les mégarevues publier 34 000 articles, s’est contracté en 3 ans de 30%. PLoS n’ayant pour seules ressources que les APC (1495 $ ; 1346€ / article pour PLoS One) cette baisse importante du nombre d’articles publié a un impact direct sur le chiffre d’affaire de PLoS et surtout sur ses marges : entre 2012 et 2015 le taux de profit net est passé de 21% du chiffre d’affaires à 0% en 2015 et devrait être  négatif en 2016. Les Scientific Reports de Springer Nature sont le concurrent principal de PLoS One et font désormais presque jeu égal en nombre d’articles publiés. Or, la concurrence  entre les grands éditeurs « for-profit » et les « pure-players » de l’Open Access est par construction inégale.

Une étude britannique met en lumière les effets secondaires négatifs des « big deals » associant négociation des budgets d’abonnements et des budgets d’APC

 LogoJISC2 Novembre 2016
Parue le 24 octobre, une étude financée par le JISC britannique, dresse un premier bilan des accords de couplage « abonnements/APC » signés par le consortium britannique avec 5 éditeurs scientifiques importants (Wiley, Taylor & Francis, Sage, Institute of Physics, Royal Society of Chemistry). Les premiers constats qui se dégagent de cette évaluation des accords couplés sont inquiétants : ce mécanisme encourage la publication en revues hybrides, ne réduit en rien les dépenses d’abonnements, ne contient que très partiellement la progression de la dépense « abonnements + APC », se révèle en pratique d’une grande complexité.

Free Access vs. Open Access : avec ShareIt, Springer Nature lance une initiative majeure de « libre » partage des articles publiés dans 2300 revues de recherche

 Graphe104 Octobre 2016

Le groupe Springer Nature a annoncé le 17 octobre la généralisation à 2300 revues de recherche de la fonctionnalité ShareIt, expérimentée avec succès sur le portefeuille de Nature Publishing Group (NPG) depuis décembre 2014. Cette fonctionnalité permet à tout auteur publiant chez Springer Nature ou à tout abonné aux revues de cet éditeur de partager légalement et gratuitement un article avec tout autre membre de sa communauté de recherche (abonné ou non chez Springer) en diffusant un lien pérenne vers un PDF « read only » (sans possibilité d’imprimer ou de télécharger) de la version publiée de l’article. Ce lien pérenne est géré par la plate-forme ReadCube, l’outil de partage d’articles du groupe Springer Nature. L’éditeur garde ainsi une visibilité totale sur les logiques de partage entre chercheurs, puisqu’elles ne peuvent se déployer que dans cet environnement propriétaire. ShareIt concrétise pour la première fois à grande échelle les principes de partage collaboratif « légal » définis l’an dernier par STM, l’association internationale des grands éditeurs scientifiques. Michael Eisen, cofondateur de PLoS et figure tutélaire de l’Open Access dénonce une initiative qui dégrade la notion d’Open Access et vise à préserver la forte rentabilité des revues sur abonnement.

Thomson Reuters IP & Science devient Clarivate Analytics

 WebofScience104 5 octobre 2016

Annoncé en juillet dernier, le rachat au groupe Thomson Reuters de sa division « Intellectual Property & Science » pour 3,55 milliards de dollars par les fonds d’investissement Onex Corporation etBaring Private Equity Asia est effective depuis le 3 octobre. Cet ensemble dédié à l’information scientifique et à l’information en propriété industrielle (brevets et marques) opérera désormais sous l’enseigne Clarivate Analytics, qui regroupera des marques comme Web of Science, Cortellis, Thomson Innovation, Derwent World Patents Index, Thomson CompuMark, MarkMonitor, Thomson IP Manager et Techstreet. Le choix d’un nom  contenant le terme « Analytics » est significatif : le développement d’outils et de services d’analyse (indicateurs bibliométriques, outils de TDM) est un axe important des stratégies des grands groupes opérant dans le champ de l’IST. L’ancienne division de Thomson Reuters dispose déjà de nombreuses applications de TDM en particulier sur ses importants fonds d’information brevets.

Sale été pour le facteur d’impact ?

FI

Octobre 2016

Publié comme chaque année à la mi-juin pour plus de 11 000 revues, le Journal Impact Factor (JIF) reste au cœur des argumentaires marketing des éditeurs scientifiques. On assiste pourtant cette année à un tir de barrage particulièrement nourri contre le JIF et ses usages dévoyés. La prestigieuse revue Nature a fait paraître fin juillet un éditorial au vitriol (« Time to remodel the Journal Impact Factor ») contre le JIF. Publié en août sur l’archive BioRxiv un préprint (« A simple proposal for the publication of journal citation distributions ») démontre que si l’on exclut les 15 à 20% d’articles qui génèrent les plus grands nombres de citations, des revues à facteur d’impact très différent mais appartenant à un même champ disciplinaire ont en fait des retombées similaires en matière de citations. Enfin, paru dans PLoS Biology le 6 septembre dernier un article (« Relative Citation Ratio : A New Metric That Uses Citation Rates to Measure Influence at the Article Level ») émanant d’un groupe de travail piloté par les NIH propose un nouvel indicateur bibliométrique « ouvert », le RCR, qui prétend apporter une réponse aux insuffisances de la plupart des indicateurs bibliométriques connus. Pourtant le JIF semble avoir encore de beaux jours devant lui : l’adoption large d’une nouvelle métrique est un processus très long et suppose qu’elle soit labélisée par un « tiers de confiance » à forte notoriété. Surtout, le rôle dominant de l’Impact Factor s’explique parce qu’il sert des intérêts consolidés, en particulier ceux des grands éditeurs. Mais le nœud du problème réside dans l’articulation entre processus d’évaluation de la recherche et usage des indicateurs bibliométriques