Eprist

Association des responsables IST des organismes de recherche

Notes d’analyses

La Commission européenne aurait décidé de créer sa propre plate-forme de publication en OA

Avril 2017
Selon le magazine Science, lors d’une réunion restreinte de l’Open Science Policy Platform (OSPP) qui s’est tenue fin mars à Berlin, le Commissaire européen à la recherche, à la science et à l’innovation, Carlos Moedas, a indiqué que la Commission avait pris la décision de mettre en place sa propre plate-forme de publication en Gold OA qui accueillera les articles issus des recherches qu’elle finance.  Si cette décision se concrétisait, la Commission européenne suivrait la voie ouverte en novembre 2016 par le Wellcome Trust (principal soutien de la recherche biomédicale au Royaume-Uni avec 878 M€ de financement en 2016) et plus récemment la Fondation Bill & Melinda Gates. Une initiative similaire de la Commission européenne, dont le budget annuel dédié à la recherche est de 10 milliards d’euros, aurait une résonance importante et un effet d’entraînement probable sur d’autres agences de financement. En créant leur propre plate-forme de publication, les agences de financement de la recherche pourraient avoir un impact majeur sur le scénario d’un libre accès sans différé et n’exigeant pas d’APC des auteurs des publications. Les grandes entités de recherche pourraient, elles aussi, s’intéresser à ce modèle.

Une étude britannique met en lumière les effets secondaires négatifs des « big deals » associant négociation des budgets d’abonnements et des budgets d’APC

 LogoJISC2 Novembre 2016
Parue le 24 octobre, une étude financée par le JISC britannique, dresse un premier bilan des accords de couplage « abonnements/APC » signés par le consortium britannique avec 5 éditeurs scientifiques importants (Wiley, Taylor & Francis, Sage, Institute of Physics, Royal Society of Chemistry). Les premiers constats qui se dégagent de cette évaluation des accords couplés sont inquiétants : ce mécanisme encourage la publication en revues hybrides, ne réduit en rien les dépenses d’abonnements, ne contient que très partiellement la progression de la dépense « abonnements + APC », se révèle en pratique d’une grande complexité.

Free Access vs. Open Access : avec ShareIt, Springer Nature lance une initiative majeure de « libre » partage des articles publiés dans 2300 revues de recherche

 Graphe104 Octobre 2016

Le groupe Springer Nature a annoncé le 17 octobre la généralisation à 2300 revues de recherche de la fonctionnalité ShareIt, expérimentée avec succès sur le portefeuille de Nature Publishing Group (NPG) depuis décembre 2014. Cette fonctionnalité permet à tout auteur publiant chez Springer Nature ou à tout abonné aux revues de cet éditeur de partager légalement et gratuitement un article avec tout autre membre de sa communauté de recherche (abonné ou non chez Springer) en diffusant un lien pérenne vers un PDF « read only » (sans possibilité d’imprimer ou de télécharger) de la version publiée de l’article. Ce lien pérenne est géré par la plate-forme ReadCube, l’outil de partage d’articles du groupe Springer Nature. L’éditeur garde ainsi une visibilité totale sur les logiques de partage entre chercheurs, puisqu’elles ne peuvent se déployer que dans cet environnement propriétaire. ShareIt concrétise pour la première fois à grande échelle les principes de partage collaboratif « légal » définis l’an dernier par STM, l’association internationale des grands éditeurs scientifiques. Michael Eisen, cofondateur de PLoS et figure tutélaire de l’Open Access dénonce une initiative qui dégrade la notion d’Open Access et vise à préserver la forte rentabilité des revues sur abonnement.

Avec le brevet américain 9.430.468,Elsevier se dote d’une arme défensive pour contrer à terme les logiques de peer-reviewing ouvert

 Logo USPTO 100 14 septembre 2016

Le 30 août 2016, l’office américain des brevets (USPTO) a délivré à Elsevier le brevet N° 9.430.468 intitulé « Online peer review and method ». Le cœur du brevet (et de ses revendications) concerne le système d’examen « en cascade » qui permet, lorsqu’un article scientifique a été refusé par la revue Elsevier auquel il avait été soumis, de soumettre automatiquement cet article à d’autres revues Elsevier pertinentes. Elsevier avait déjà vu sa demande de brevet, déposée en 2012, être refusée trois fois avant que l’USPTO ne l’accepte. L’éditeur a du élaguer ses « revendications » (qui définissent exactement l’invention protégée par le brevet et donc les « droits » d’Elsevier). L’annonce de l’octroi de ce brevet a déclenché une levée de boucliers outre-Atlantique.

SocArXiv et ChemRxiv : deux initiatives de bases de préprint de signe opposé

 SocArxiv 5 septembre 2016

Dans l’actualité IST de l’été, on relèvera le lancement de deux nouvelles archives de préprint (dépôt d’articles avant peer-reviewing et éventuelle publication en revue). SocArXiv (socarxiv.org, prononcer « sosharchive ») est une base de préprint qui revendique une vocation généraliste en sciences sociales et humaines, mais est très centrée à ses débuts sur les publications en sociologie. Cette initiative « not for profit » est soutenue par le Center for Open Science et l’Université du Maryland et s’inscrit dans la perspective plus large de rénover la publication scientifique en SHS en suivant les logiques du « libre ». ChemRxiv, une archive de préprint très ambitieuse en chimie se situe à l’opposé de cette ambition : lancée par la puissante American Chemical Society qui dispose déjà d’une position dominante dans la publication en chimie, cette initiative vise à capter très tôt dans le processus de communication scientifique les bons papiers et les bons auteurs. Cette double actualité souligne le caractère stratégique des bases de préprint dans la perspective d’une rénovation des circuits de la publication scientifique.

Elsevier rachète SSRN, premier réseau de partage de preprint dans les SHS

 ssrn108 8 juin 2016

Elsevier a annoncé le 17 mai le rachat pour une somme non précisée du réseau social spécialisé SSRN, qui compte 2 millions d’utilisateurs et permet aux chercheurs en sciences sociales, économie le droit de poster et de partager des articles avant publication. Avec 572 000 articles en texte intégral « preprint » dans sa base, SSRN est l’une des principales archives ouvertes et collaboratives dans le domaine des SHS.

La recherche publique pourrait rapidement disposer d’un cadre juridique sûr pour porter ses développements TDM ?

12 avril 2016
Le secrétariat d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche et le secrétariat d’Etat à l’Economie numérique organisaient le 6 avril une conférence d’une demi-journée sous l’intitulé «Ouvrir la diffusion des savoirs par le numérique : quelles opportunités pour la recherche ? ». Ce débat intervenait à un moment particulier : le gouvernement, au travers d’un amendement déposé au Sénat dans le cadre de la discussion du projet de Loi pour une République numérique, avait rendu officiel le 5 avril son souhait de voir supprimer l’article 18bis voulu par l’Assemblée nationale. Cet article instituait une exception au droit d’auteur visant à sécuriser juridiquement les usages de la fouille de textes et de données (TDM : Text & Data Mining). Dans un mouvement tout à fait inattendu la Commission des lois du Sénat a rejeté le 6 avril l’amendement gouvernemental et a adopté un amendement de Mme Colette Mélot, sénatrice « Les Républicains » de Seine-et-Marne qui réécrit l’article 18bis en évitant toute référence au code de la propriété intellectuelle, mais qui en substance vise les mêmes objectifs. Le gouvernement désavoué sur cette question tant par les députés que par les sénateurs est dans une position inconfortable, que ses membres appellent à dépasser. Un cadre juridique sûr pour le TDM au sein de la recherche publique a donc toutes les chances de voir le jour dans le cadre de la version définitive de la loi pour une République numérique.

Résultats financiers 2015 de l’édition scientifique

  30 mars 2016
Cinq des 6 premiers éditeurs scientifiques mondiaux (Elsevier, Wiley, Wolters Kluwer, Thomson Reuters, Taylor & Francis, le 6ème, non coté, étant le groupe Springer-Nature qui ne publie pas de résultats) ont publié dans la seconde moitié de février leurs résultats annuels 2015. En incluant Springer-Nature, on constate que les six premiers éditeurs scientifiques mondiaux réalisent un CA cumulé de 7,5 Milliards d’Euros (en progression organique de 2,9% sur 2014) soit 38% du CA mondial de l’édition scientifique (estimé à 23 000 M€). Mais surtout ces 6 éditeurs captent 65% des profits générés globalement par l’édition scientifique, grâce à des taux de marge opérationnelle hors-norme de plus de 36% sur CA. Ce niveau de profit et cette captation (qui s’accentue au fil des ans) par seulement 6 acteurs des surplus économiques générés par l’édition scientifique mondiale pose le problème du « juste prix » de la prestation éditoriale. Mais aussi celle du rapport de force contractuel entre fournisseurs et clients des services IST. Une question dont il est urgent que s’empare la communauté scientifique (au-delà du débat sur le libre accès) en repensant ses stratégies de négociation face à ces grands éditeurs.

Projet de loi pour une République numérique : les éditeurs vent-debout contre de nouveaux droits accordés aux chercheurs-auteurs

 

  Février 2016 (MAJ 31 mars 2016)

En bref  : Dans une tribune publiée dans Le Monde et dans un communiqué de presse le SNE (Syndicat national de l’édition, www.sne.fr) adopte un ton inutilement polémique pour dénoncer le Projet de loi pour une République numérique qui institue un nouveau droit au bénéfice des chercheurs-auteurs. En première lecture l’Assemblée nationale a le 26 janvier validé ces dispositions qui dessinent les contours d’une politique publique française de soutien au libre accès ancrée dans la Loi.

Vers une cession de Thomson Reuters IP & Science à un pool réunissant Springer-Nature et le fonds d’investissement américain BC Partners

En bref  : Thomson Reuters, N° 4 mondial du marché des contenus et services IST avec 1 milliard de dollars de revenus (884 M€, donnée 2015) dans ce secteur a présenté hier ses résultats annuels 2015. La division Thomson Reuters IP & Science voit son chiffre d’affaires et sa rentabilité se tasser de 1% par rapport à 2014. La rentabilité reste cependant élevée (31,1% sur CA). Jim Smith, patron de Thomson Reuters, a confirmé la vente par mise aux enchères, désormais entrée dans sa phase active, de Thomson Reuters IP & Science. Selon les analystes financiers, Thomson pourrait tirer 3 Md.$ (2,65 Md. $) de cette vente. S’agissant de l’identité du repreneur, un montage entre le fonds américain BC et Springer Nature tient la corde. Ce scénario s’il se réalise aurait un impact négatif certain sur les clients de ces groupes, au premier rang desquels les organismes publics de recherche qui, de facto, financent ces concentrations et les profits qu’elles génèrent. Le processus d’enchères peut toutefois encore réserver des surprises.

La fusion annoncée de DuraSpace et Lyrasis devrait booster le développement des technologies Open Source au service des bibliothèques de recherche

  En bref  : Deux organisations américaines à but non-lucratif et développant des applications pour les bibliothèques, Lyrasis et DuraSpace ont annoncé le 27 janvier leur fusion. Le principal intérêt de ce rapprochement est l’accélération probable du développement et de la pénétration des applications Open Source Fedora, DSpace et Vivo dont l’audience a vocation à s’internationaliser.

 

L’assemblée nationale crée une exception au droit d’auteur en faveur du Text et Data Mining

logo assemblée nationale En bref  : Le projet de loi pour une République numérique a été adopté en séance plénière dans la nuit du 26 au 27 janvier. A la surprise générale et contre l’avis du gouvernement, il créé dans son article 18 une exception au droit d’auteur de façon à rendre possible les pratiques de Text et de Data Mining des institutions publiques de recherche dans un cadre juridique sûr.

 

En 2015, le nombre d’articles publiés par PLoS a chuté de 11%

  En bref  : PLoS, l’organisation « not-for-profit » voit le nombre d’articles publiés dans ses titres passer de 31 509 en 2014 à 28 107, soit une chute de 11% en un an. La concurrence de nouvelles « mégarevues », dont celles des grands éditeurs, explique sans doute cette baisse de l’output éditorial de ce pionnier du Gold OA. Mais avec près de 30 M$ de réserve dans ses caisses, PLoS reste une initiative économiquement saine.

 

Les grands éditeurs scientifiques réorientent leurs stratégies vers un soutien à la « Voie verte »

  En bref  : STM (www.stm-assoc.org), l’association internationale des éditeurs scientifiques vient de publier sa réponse au document d’orientation « Disrupting the subscription journals’ business model for the necessary large-scale transformation to open access » diffusé par la Max-Planck Digital Library (MPDL) en avril dernier. Les éditeurs récusent le modèle de Gold Open Access généralisé proposé par la MDPL et discrètement appuient le Green Open Access à l’américaine.

L’adoption de CHORUS par la NSF crédibilise cette solution, promue par les éditeurs, de « compliance » aux mandats de dépôt obligatoire en archive ouverte

 chorus logo En bref  : La NSF (National Science Foundation, www.nsf.org) vient d’annoncer avoir passé un accord avec CHORUS (Clearing House for the Open Research of the United States ; www.chorusaccess.org) une plate-forme consortiale de dépôt en archives ouvertes créée dans le cadre d’une structure « not-for-profit » par un large groupe d’éditeurs scientifiques.Lire notre analyse …